Extrait du Journal de Saint-Bruno, le samedi 28 avril 2007
Francine Migner Francine Migner et son assemblage principal que l'on peut voir au deuxième étage du Vieux Presbytère (Photo: Mélanie Poitevin / PPM).
Totem
"Totem 2002", compressions de canettes de boisson gazeuse, 26,5 x 22,5 x 77,5 cm, une des œuvres de Francine Migner qui figure dans son porte-folio.
Roue de la vie

Ground Zero
"La roue de la vie 2001-2002" (briques, verre concassé, carton, cire, compost, 246 cm de diamètre), et "Ground Zero" (cordon lumineux, granules de plastique, fragments de plastique fondu, retailles de plastique, drapeau américain), des créations réalisées par Mme Migner, toujours tirées de son porte-folio.

Le Journal de Saint-Bruno - Édition du 2 mai 2007

Recréer le monde, tel qu'un jeu de billes
David Penven

Alors qu'elle avait 15 ans, Francine Migner a eu le coup de foudre en visitant le Musée des beaux-arts. Une exposition consacrée au peintre Vincent van Gogh s'y déroulait alors.

"C'était un événement marquant, je ne sais plus dans quel contexte j'avais visité cette exposition, mais il y a eu un déclic. Je savais alors que je voulais devenir peintre", raconte en entrevue l'artiste qui réside à Brossard. Elle présente ses œuvres dans le cadre d'une exposition intitulée Vestiges post-modernes, au Vieux Presbytère, du 29 avril au 20 mai.

Mais ses parents ne voyaient pas les choses de la même façon que leur fille.

"L'année suivante, une fois mon secondaire terminé, j'ai dit à mes parents que je voulais aller aux beaux-arts. Ils m'ont dit non. "Tu vas devenir un bonne secrétaire". C'est ce que j'ai fait même si je ne suis pas devenue secrétaire, mais plutôt une bonne sténographe anglaise. Et j'ai aimé mon travail", poursuit celle qui fait partie de la génération des baby-boomers.

Sauf que ce besoin de créer, demeurant latent, n'a jamais disparu pour autant. Mariée jeune, ayant eu ses trois enfants en cinq ans, elle s'adonne dans les années 70, comme bien des femmes d'alors, au macramé qui suscite un véritable phénomène. Mais intérieurement, elle rêve toujours de suivre des cours d'art. Son vœu s'exauce en 1983, alors qu'elle fréquente les ateliers du frère Jérôme, une sommité dans le domaine de la peinture, au Collège Notre-Dame à Montréal. Elle y fréquentera les lieux jusqu'en 1987. Et depuis, cours et expositions s'enchaînent.

Reconstruire la réalité
Alors qu'elle terminait, en 1991, un baccalauréat en arts et lettres de l'Université de Montréal, Francine Migner crée, dans le cadre de son travail universitaire, une installation.

Installation?

"Une installation, c'est l'art de l'assemblage. L'assemblage au sol, au mur. C'est une expression qui est différente du tableau. On peut dire qu'elle s'apparente à la sculpture. C'est une œuvre éphémère. Une fois exposée, je la démonte et la dépose dans une boîte. Cela me fait mal au cœur à chaque fois. Qu'est-ce qu'il en reste? Des photos et des films", lance-t-elle.

Et c'est ce que l'artiste propose au Vieux Presbytère. Des installations, mais aussi des toiles.

"L'assemblage est une forme d'art qui procure une plus grande liberté, davantage que peindre sur un tableau. Le tableau a une structure sur laquelle on crée (la toile). L'assemblage n'en a pas. C'est presque infini. Cela fait deux nuits que je ne dors presque pas, parce que je suis encore en pleine création de l'installation. Je ne reproduis jamais deux fois la même installation. À chaque fois, elle est différente. Ce qui caractérise ces installations, c'est sûrement la transparence, en raison des matériaux de verre que j'emploie et des cordons lumineux. Les objets que j'emploie proviennent autant de chez moi que d'ailleurs. Je les retravaille. Quand j'étais petite, j'adorais jouer avec les objets, particulièrement les billes. Lorsque je procède à une installation, c'est mon terrain de jeux, tout comme mes billes quand j'étais enfant", raconte Mme Migner.

Au deuxième étage du Vieux Presbytère, le public pourra découvrir une installation occupant le plancher de la pièce principale. Un assemblage dont la composition, avec son cordon lumineux et ses objets de verre, a les apparences d'une cité futuriste. Sur le rebord des fenêtres, d'autres assemblages, plus modestes, s'offrent aux visiteurs. On croirait des postes d'avant-garde veillant sur la cité. Ces assemblages se retrouvent également dans les autres pièces du Vieux Presbytère, toujours au deuxième étage. Enfin, des toiles de l'artiste se retrouvent sur les murs et complètent l'ensemble.

Le vernissage de Vestiges post-modernes aura lieu le dimanche 29 avril, à 14h. L'exposition se poursuit jusqu'au 20 mai, du mercredi au dimanche, de 13h à 16h30.

On peut également visiter le site de l'artiste au www.francinemigner.com.